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Choisir les sujets

Donc, vous entrez dans la chambre. En théorie, je veux dire. Il est peu probable que vous soyez en train de lire cet article dans un moment intime, là, maintenant. Mais imaginons que vous en soyez là. Qu’est-ce qui vous a permis d’y arriver ? Un certain degré de confiance, j’imagine. Peut-être aussi que le temps, la patience et la compréhension étaient également de la partie... Accrochez-vous à tout ça.

A priori, vous avez déjà abordé avec votre partenaire, même vaguement, votre situation médicale. La surprise risque d’être de taille si vous en êtes arrivé là sans avoir évoqué LE sujet, mais vous n’avez pas non plus besoin de donner tous les détails d’entrée de jeu - évitez peut-être les présentations PowerPoint et les manuels. Je pense que c’est déjà bien si votre amoureux(-se) a au moins plus ou moins conscience que quelque chose peut être différent, mais dans l’idéal, il faut éviter de faire paniquer votre partenaire. Soyez rassurant. Le plus délicat dans tout ça ? Je dirais que c’est l’équilibre entre honnêteté, confiance, vulnérabilité… et les informations utiles à distiller au compte-gouttes à l’avance. (Pardonnez la référence au compte-gouttes sur un blog parlant de sondes).

Pour moi, j’ai toujours trouvé utile de créer un choc en évoquant la gravité de cette maladie, ou la chirurgie. J’ai subi 90 opérations avant l’âge de cinq ans. C’est un nombre impressionnant qui me permet de me la jouer un peu. Faisons en sorte que ça fasse les gros titres. Puis, en sous-titre, on précise « Au fait, j’utilise des sondes, mais tout va bien, j’ai toujours connu ça, et du coup, je fais pipi assis ». C’est une réflexion plus légère qui vient après coup, encore une petite chose à mentionner en allant vers la chambre, comme « Oh, au fait, tu le découvriras bien assez tôt - le mur de ma chambre est très turquoise ». Si je me rendais au rendez-vous en assénant nerveusement : « J’ai quelque chose à te dire - je m’auto-sonde… » - ça, ce serait le gros titre. Alors que je préfèrerais divulguer cette info dans un plus petit article, qui se poursuivrait en page 11 si nécessaire.

Alors soyez votre propre rédacteur en chef - et si cela vous rappelle Jean-Pierre Pernaut, alors je suis désolé, ça vous donne sûrement moins envie d’avoir des relations sexuelles.

The opinions expressed here are of a personal and anecdotal nature, and are in no way a substitute for professional medical advice. You should always consult your doctor or nurse if you have any questions.

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