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Une dernière réflexion sur les festivals. En tant que comédien de stand-up, on me demande parfois de participer à ces événements ; alors une fois de plus cet été, j’ai dû me rendre à quelques-uns de ces spectacles en plein air : des foules enthousiastes, de super spectacles... mais les sanitaires laissaient à désirer. En coulisses (lorsqu’il y avait un backstage), les commodités ne sont pas plus commodes que devant la scène.

L’un de ces festivals m’avait fait un contrat de deux jours, mais n’étant pas un joyeux campeur, je suis rentré à la maison entre mes interventions. Le premier soir, on m’avait montré la tente des humoristes, on m’avait dit à quelle heure je devais y être, et on m’avait remis mon coupon restauration de 10 $ (juste assez pour un quart de hamburger). Le site se trouvait juste à côté d’un vieux manoir gigantesque - le seul bâtiment permanent du site. J’ai vu des membres de certains groupes aller et venir dans la maison, après avoir passé la sécurité. Donc, j’ai tenté ma chance - sachant fort bien que, comme on ne m’avait pas dit que je pouvais aller, je ne pourrais probablement pas y entrer.

Et bien sûr, on m’a poliment dirigé vers les toilettes de chantier crasseuses à quelques centaines de mètres de là. Pas de café gratuit dans le salon pour moi, ni de toilettes chic équipées de papier hygiénique parfumé.

Assis sur ces toilettes portables dans le noir complet à déballer une sonde après m’être frictionné les mains avec du gel hydroalcoolique, je me faisais la réflexion que je méritais un peu plus que cela. Je n’étais pas ici en tant que client, mais comme artiste. Mes besoins urologiques étaient beaucoup plus importants que ceux des membres du groupe qui évacuaient en ce moment même leur café gratuit grâce à leur vessie ordinaire et profitaient du luxe d’un siège de toilette en acajou. C’est le show business... Donc, après avoir fait ce que j’avais à faire, j’ai joué mon spectacle, je suis rentré chez moi et j’ai envoyé un e-mail.

Avant le deuxième soir, les organisateurs avaient entendu parler de ma situation - et bien que j’utilise rarement ma bizarrerie médicale pour plaider ma cause, à cette occasion, ça en a valu la peine. On m’a accordé un accès spécial au magnifique manoir, je me suis amusé à passer devant le même vigile que la veille, en montrant mon pass trop classe. Bon, la lunette des toilettes n’était pas en acajou comme je l’avais imaginé, mais c’étaient de véritables sanitaires en dur, avec un plafond, des lumières, un lavabo, du savon et une atmosphère générale de propreté. Oh, et il y avait bien du café gratuit.

J’ai joué dans un autre festival une semaine plus tard, et cette fois, j’ai planifié, en envoyant un e-mail avec mes exigences afin d’avoir accès « aux meilleures toilettes disponibles sur le site ». Gentiment, à juste titre, sans jugement mais avec tact, ils m’ont permis d’utiliser ce qu’ils avaient de mieux. Malheureusement, ce festival n’avait pas de manoir, donc le mieux c’était quand même des toilettes mobiles, mais elles étaient un peu plus sympas et légèrement plus grandes.

Ce fut un changement pour moi cette année. Alors qu’en temps normal j’essaie d’agir comme si tout était normal, j’ai finalement réalisé qu’il y a des moments où ça vaut la peine de clamer sur tous les tons nos besoins particuliers, pour pouvoir apprécier tous les tons d’un festival.

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